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P90

Boost · Traitement intégré

P90, dans l’app Robine Studio

Une guitare à simple bobinage entendue comme un P-90 : un micro plus large et plus puissant, qui résonne plus bas et avec plus de niveau. Character choisit le type, Soapbar, Dog Ear ou Hot, le plus chaud étant le plus fort et le plus sombre. Hum retire le ronflement du secteur, 50 Hz ou 60 Hz avec leurs harmoniques, sans toucher à une note ; une note tenue exactement sur une harmonique, comme 100 Hz, est prise pour du ronflement. Un P-90 est un simple bobinage : contrairement à un humbucker, il n’annule pas lui-même le ronflement.

Entre l’éclat d’un simple bobinage et le poids d’un humbucker, il y a le P-90 : épais dans les médiums, encore brillant en haut. Allume-le avec une guitare à simple bobinage et les notes se remplissent et passent devant, plus fortes, et l’ampli derrière se met à grogner plus tôt quand tu attaques. Des accords jazz joués chaud, un blues tiré fort, une rythmique rock brute : ce terrain du milieu. Et le ronflement du secteur, qu’un vrai P-90 garde, peut s’en aller.

Son histoire

Gibson se remet à fabriquer des guitares après la Seconde Guerre mondiale, et en 1946 il y monte un nouveau micro, le P-90, dessiné par Walt Fuller, à la place du micro « barre » de l’époque de l’ES-150. À la fin des années 1940, il est sur tous les modèles. C’est un simple bobinage, mais sa bobine est plus plate que la bobine haute et mince d’une Stratocaster, avec des vis réglables pour pôles et deux aimants Alnico en barre dessous, comme sur un humbucker.

Il existe en deux habits. Le dog-ear, un capot en plastique avec une oreille de fixation de chaque côté, équipe les ES-5 et ES-175 creuses de la fin des années 1940 et la Les Paul Junior. Le soapbar, un simple rectangle nommé d’après sa forme de savonnette, arrive avec la première Les Paul en 1952. Sous les deux capots, c’est le même micro.

En 1957 arrive l’humbucker, avec moins de ronflement et moins d’aigus, qui devient vite le micro préféré de Gibson ; le P-90 descend sur les modèles bon marché et disparaît presque dans les années 1960 et au début des années 1970. Des jazzmen comme Herb Ellis et Joe Pass l’aimaient chaud et boisé ; Freddie King et Leslie West l’ont joué ; Pete Townshend et Carlos Santana ont pris des Gibson à P-90 pour un son plus brillant et plus brut ; Johnny Thunders jouait des Les Paul Junior et Special au début des années 1970, et Steve Jones des Sex Pistols et Mick Jones des Clash avaient des Junior. Gibson le ramène à partir de 1968 avec des rééditions, et le fabrique encore. Plus brillant qu’un humbucker, moins cristallin qu’un simple bobinage Fender, avec beaucoup de médiums : c’est pour cela qu’on va le chercher. Comme tout simple bobinage, il ronfle.

La variante que tu joues

Aucun micro en particulier. Il n’y a pas de netlist derrière la P90, et aucun micro n’a été mesuré pour elle : c’est un traitement que le moteur fait lui-même, construit comme le Humbucker de la bibliothèque. Elle suppose que ce qui lui arrive est un simple bobinage, avec sa résonance déjà dans le son, retire cette résonance et met celle d’un P-90 à sa place, puis ajoute du niveau. Un P-90 n’a qu’une bobine : pas de seconde bobine ici, pas d’annulation dans l’aigu comme dans le Humbucker, et pas d’annulation du ronflement : c’est à cela que sert le commutateur Hum. Linéaire et mono : elle ne sature pas d’elle-même, elle pousse plus fort ce qui vient après.

Character a trois positions. Les chiffres sont une première estimation, choisie pour qu’elles soient distinctes et dans l’ordre, pas mesurée sur des micros :

CharacterInductanceRésistanceSa résonanceNiveau
Soapbar (0)6 H8 kΩvers 2,7 kHz+4 dB
Dog Ear (0,5)5 H7,5 kΩvers 2,9 kHz+3 dB
Hot (1)8 H10 kΩvers 2,3 kHz+8 dB

Chacun est un micro avec 120 pF de bobinage, des potentiomètres de 500 kΩ et 3 m de câble. Dog Ear est le plus brillant et le plus doux, Hot le plus sombre et le plus fort. Comme le dit l’histoire, un P-90 dog-ear et un soapbar sont le même micro sous un autre capot : ici, les noms ne font que distinguer trois voix, et Hot représente un P-90 surbobiné, pas un modèle en particulier.

Hum, allumé par défaut, retire le ronflement du secteur, à 50 Hz et à 60 Hz à la fois (on ne sait pas dans quel pays est la guitare) et leurs harmoniques jusqu’à la huitième. Il lui faut environ une seconde une fois allumé.

Ce qui n’est pas un P-90 :

  • les valeurs des micros, des chiffres de manuel, pas celles d’un micro que quelqu’un a mesuré ;
  • la fenêtre magnétique de la bobine et les pertes dans son métal ;
  • les boutons de la guitare : la tonalité est à fond, le volume aussi ;
  • un ronflement qui ne vient pas du secteur, un variateur ou une alimentation à découpage, et le bourdonnement qui change quand tu tournes avec la guitare : Hum n’y touche pas.

Pour commencer

  • Chaud et rond : Character sur Soapbar, Hum allumé, dans un ampli clair, pour des accords et une ligne jazz ou blues.
  • Brut et fort : Character sur Hot, 8 dB de plus, devant une overdrive ou un ampli au bord de la saturation.
  • Une note tenue très stable près de 100 Hz, 120 Hz ou d’une autre harmonique du secteur est prise pour du ronflement au bout d’une seconde ou deux : coupe Hum pour un bourdon.

Elle se place en premier dans la chaîne, là où la bibliothèque la met, juste après la guitare, et elle est faite pour une guitare à simple bobinage : sur une guitare qui a déjà des humbuckers ou des P-90, elle retirerait une résonance qui n’y est pas.

Le circuit

Il n’y a pas de netlist : le moteur la calcule, en trois temps, échantillon par échantillon.

  1. Le ronflement, quand Hum est allumé : pour chaque harmonique de 50 et 60 Hz jusqu’à la huitième (400 et 480 Hz), le bloc apprend ce que le signal contient d’un cosinus et d’un sinus à cette fréquence pendant plus d’un quart de seconde, et le retire : une encoche de moins d’un hertz de large. Le secteur n’est jamais exactement à 50 ou 60 Hz, et la huitième harmonique est huit fois plus à côté que la première : le bloc suit donc sa fréquence d’après la façon dont tourne son harmonique la plus forte, tenue à un quart de hertz du nominal. Un ronflement à 50,1 Hz est suivi, une note ne l’est pas.
  2. L’échange : un filtre dont les zéros sont sur la résonance du simple bobinage (1,25 H, 6 kΩ, 120 pF de bobinage, 500 pF de câble, potentiomètres de 250 kΩ : vers 5,9 kHz) et dont les pôles sont ceux du P-90 du tableau. Il ne relève pas l’aigu au-dessus des deux résonances.
  3. Le niveau du caractère, qui glisse en 5 ms environ quand Character tourne ; le filtre change d’un coup.

Elle ne déclare aucune latence : rien n’y est en retard.

Mesurée face à

Ni micro ni enregistrement : les tests mesurent le bloc sur des sinusoïdes.

QuoiMesuré
Où chaque type culmine, de 1,5 à 5 kHzHot le plus bas, puis Soapbar, puis Dog Ear ; Soapbar entre 2 et 3,4 kHz
Le niveau de chaque type, à 200 Hzà 0,5 dB près de ce que dit le tableau
Ronflement à 50 et 100 Hz, Hum alluméplus de 15 fois plus bas qu’éteint
Ronflement à 50, 50,1, 60 et 59,9 Hzchacun plus de 15 fois plus bas
Une note à 330 Hz sous un ronflement à 50 Hzle ronflement plus de 15 fois plus bas, la note à 5 % près de son niveau
Un sol à 98 Hz (G2), 2 Hz sous une harmonique de 50garde plus de 0,8 de son niveau
Une sinusoïde stable à 100 Hzretirée, comme du ronflement

La dernière ligne est la limite de la méthode, gardée dans les tests pour que personne ne soit surpris. Le bloc entier, suppresseur de ronflement allumé, prend 0,28 % du temps qu’il joue sur un Mac Apple Silicon ; il n’est pas mesuré sur un iPad.

Sa note

Pas de médaille. Une médaille mesure un circuit face à ngspice et face à de vraies pédales, et la P90 n’est pas un circuit : sa page dit de quoi elle est faite, un traitement intégré, et aucune note.

Ce qui est vérifié, c’est qu’elle fait ce qu’elle dit : les trois types dans leur ordre et à leur niveau, et le ronflement retiré d’un signal stable. Ce qui ne l’est pas :

  • les trois types sont une première estimation, pas mesurés sur des micros ;
  • elle n’a pas été écoutée, ni sur une vraie guitare ni avec un vrai ronflement ;
  • le suppresseur de ronflement est testé sur un ronflement de synthèse, des sinusoïdes stables et leurs harmoniques, pas sur un enregistrement, où le ronflement a des phases dispersées, vient par bouffées et suit un secteur qui bouge avec la charge.

C’est aussi pour cela que cette page n’a pas de lecteur : les phrases que joue le site ont été enregistrées sur des guitares dont on ne connaît pas les micros, et la P90 veut le simple bobinage pour lequel elle est faite. Un enregistrement sur un simple bobinage connu est attendu.

Sources : P-90 (Wikipédia), P-90 Primer (Premier Guitar).